Céline Vallot, explorer l’épigénétique pour vaincre le cancer du sein
Ingénieure de formation, le Dr Céline Vallot a choisi de mettre ses compétences au service de la recherche contre le cancer. Directrice de l’équipe Dynamique des altérations épigénétiques du cancer (DEpiC) à l’Institut Curie, elle explore les mystères de l’épigénétique, tout en créant des ponts entre la science fondamentale et la médecine personnalisée.
Une passion pour la science dès l’enfance
Depuis son enfance, Céline Vallot est passionnée de sciences. « Petite, j’étais déjà très branchée physique et maths, » se souvient-elle avec un léger sourire.
Sa passion l’emmène à l’École Polytechnique, où elle choisit d’abord la physique, mais son chemin prend un tournant décisif lorsqu’un professeur, venu de l’Institut Curie, lui fait découvrir la biologie appliquée à la santé. « Je me suis rendu compte qu’on pouvait aborder les sciences de la vie avec une approche quantitative et ça m’a fascinée. »
Elle entame alors un parcours combinant approches expérimentales et analyses de données. Un stage au MD Anderson Cancer Center, équivalent américain de l’Institut Curie, confirme sa vocation. Là -bas, elle découvre « une émulation incroyable », rencontrant « des scientifiques de tous horizons ».
De retour en France, elle intègre l’Institut Curie pour une thèse sur les mécanismes épigénétiques des cancers de la vessie. « C’était passionnant. Je faisais à la fois des expériences en laboratoire et de l’analyse de données. J’ai gardé cette dualité comme fil rouge durant toute ma carrière. »

Une spécialiste des dynamiques épigénétiques
Après sa thèse, elle s’intéresse aux mécanismes épigénétiques des cellules souches, ces premières briques du développement embryonnaire, dans le cadre d’un post-doctorat à Paris 7. « Chaque cellule du corps sait quel rôle jouer grâce à l’épigénétique. Une cellule de peau n’exprime pas les mêmes gènes qu’une cellule nerveuse, même si leur ADN est identique. Ce sont ces différences qui leur permettent d’assurer des fonctions distinctes, » explique le Dr Céline Vallot. « Étudier le développement lorsque tout se passe bien m’a permis de mieux comprendre ce qui se dérègle lors d’un cancer », souligne-t-elle.
En 2017, elle fonde l’équipe Dynamique de la plasticité épigénétique dans le cancer (DEpiC) à l’Institut Curie, qui s’intéresse particulièrement aux cancers du sein triple négatif. Ce type de cancer, qui représente environ 15 % des cas en France, est à la fois très agressif et hétérogène, avec une forte tendance à récidiver, et ce même après un traitement par chimiothérapie et immunothérapie.
Dans les cancers, l’épigénétique joue un rôle clé. Lorsque ces mécanismes sont perturbés, les cellules peuvent proliférer de manière incontrôlée, devenir résistantes aux traitements ou envahir d’autres tissus. L’équipe DEpiC explore ces altérations avec des méthodes innovantes, permettant de comprendre les impacts sur l’évolution tumorale et d’ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques.
Le single cell : une révolution technologique
Un des piliers des recherches du Dr Céline Vallot repose sur le single cell, une technologie permettant d’analyser les cellules d’une tumeur individuellement. « Avant, on mesurait une moyenne d’un échantillon, ce qui masquait la diversité des cellules tumorales. Avec le single cell, on peut enfin décortiquer cette hétérogénéité et comprendre comment certaines cellules résistent aux traitements. »La chercheuse développe de nouvelles techniques d’analyse en collaboration avec Andrew Griffiths, professeur de biochimie à l’ESPCI Paris – PSL, une figure emblématique dans le domaine de la biologie moléculaire et un pionnier de la microfluidique « Nous avons combiné nos expertises pour adapter le single cell à l’échelle des échantillons humains. Andrew est un visionnaire ! Ce sont ces collaborations transdisciplinaires qui m’ont attiré à l’Institut Curie et au sein de l’±«²Ô¾±±¹±ð°ù²õ¾±³Ùé PSL. »
En travaillant au plus proche du terrain (et des salles d’opération), les méthodes développées par son équipe ouvrent la voie à une médecine véritablement personnalisée. "Nous adaptons nos méthodes aux échantillons humains, et non l’inverse. C’est un enjeu essentiel pour rendre la recherche applicable en clinique !"
One Biosciences : du laboratoire à la clinique
En 2020, le Dr Céline Vallot décide de « faire passer ses recherches du laboratoire au monde médical » et co-fonde One Biosciences, une start-up qui traduit les avancées du single cell en solutions concrètes pour les professionnels de santé. La start-up, cocréée par l’Institut Curie et le « venture builder » Home Biosciences, développe un arsenal de méthodes d’analyses capables de s’adapter à différents types d’échantillons, qu’ils soient bien conservés ou plus dégradés.
One Biosciences illustre la capacité de la chercheuse à combiner innovation technologique et recherche appliquée, et contribue à faire avancer la médecine de précision.
Une chercheuse entre deux mondes
Pour le Dr Céline Vallot, la recherche est avant tout une aventure collective. Son équipe rassemble bio-informaticiens, ingénieurs, biologistes et cliniciens. Un véritable ballet coordonné où chaque profil apporte son expertise unique.
Cette dynamique collaborative s’incarne dans la création de la plateforme Single-Cell Initiative à l’Institut Curie. Cette dernière regroupe plusieurs unités de recherche « pour nous permettre d’être plus robustes et de mutualiser nos forces pour répondre aux grands défis scientifiques ».
Reconnaissante envers la communauté scientifique, elle voit dans sa médaille de l’Innovation du CNRS, reçue en 2022, « une reconnaissance personnelle et collective pour tout ce que nous avons accompli. »
Aujourd’hui, le Dr Céline Vallot continue de repousser les limites de la recherche, transformant les découvertes en outils concrets pour mieux comprendre et traiter le cancer. Guidée par l’excellence scientifique et la richesse du travail collectif, elle ouvre de nouvelles voies à la médecine personnalisée.
Parcours et réalisations marquantes
2004 : Diplôme de l'École Polytechnique
2009 : Thèse à l’Institut Curie sur l’épigénétique des cancers
2017 : Fondation de l’équipe DEpiC à l’Institut Curie
2020 : Co-fondation de One Biosciences
2022 : Lauréate de la médaille de l’Innovation du CNRS

Le Pôle PSL Innovation, l'excellence académique au service de l'innovation
L’±«²Ô¾±±¹±ð°ù²õ¾±³Ùé PSL, lauréate de  l’appel Pôles Universitaires d’Innovation, a obtenu un financement de 11 M€ sur 4 ans pour renforcer son écosystème d’innovation, un signe de reconnaissance de la dynamique de son écosystème, et un succès qui a permis la création du Pôle PSL Innovation.
Le Pôle PSL Innovation a pour missions principales de structurer, coordonner et amplifier les actions de valorisation et de transfert de technologie réalisées par les établissements membres et les organismes associés, tout en renforçant les liens et la coopération entre l’±«²Ô¾±±¹±ð°ù²õ¾±³Ùé PSL et le monde socio-économique, afin de maximiser l'impact de la recherche réalisée par ses communautés.
Le Pôle PSL Innovation c’est :
- Un périmètre large et interdisciplinaire : Il embrasse l’innovation sous toutes ses formes, l’ensemble des disciplines et des domaines d’application
- Un programme et des offres sur mesure à destination des doctorants, chercheurs, ingénieurs, enseignants, personnels soignants, et de nos partenaires socio-économiques.
- Une dynamique exceptionnelle, portée par PSL Valorisation et par les autres acteurs de l’écosystème PSL, qui sera encore renforcée pour maximiser l’impact sociétal et économique.